Après plusieurs voyages dans des pays connus pour le peu de cas qu’ils font des droits de l’Homme, après avoir accueilli le colonel Kadhafi, Nicolas Sarkozy a rendu visite au pape. Plusieurs personnalités politiques et de nombreuses associations attentives au sort que l’on fait à la laïcité ont vivement réagi pour protester contre l’attitude scandaleuse du président de la République lors de ce voyage. Citons en particulier :

Bien entendu, il n’est pas question de reprocher au Président, ni à quiconque, ses opinions religieuses. Il lui est seulement reproché de manifester, dans le cadre de ses fonctions, son appartenance à une religion. La religion est une affaire privée et, s’agissant des dignitaires de la République, devrait échapper à toute médiatisation. Dans le cas de Nicolas Sarkozy c’est évidemment un vœu pieu – si vous me permettez l’expression en cette occasion –, puisque rien de sa vie ne nous est épargné.
La confusion entre la personne et la fonction est totale. Ainsi, il était accompagné par sa mère et son fils lors de son voyage officiel en Chine. Les Français auraient-ils élu toute la famille de Nicolas Sarkozy ? Les élections présidentielles ne sont pourtant pas un scrutin de liste ! À quel titre ces deux personnes accompagnaient-elles le Président de la République ?

En décembre, c’est un voyage privée en Égypte qui se transforme en rencontre officielle avec les autorités. Qui voyage ? Nicolas Sarkozy ? Le président de la République ?

Cette confusion entre vie privée et vie publique du premier personnage de l’État est, outre un moyen de détourner l’attention de médias complaisants de sujets moins flatteurs, une grave atteinte à la laïcité puisqu’en affichant ses opinions religieuses, Nicolas Sarkozy viole la neutralité philosophique de la République. Elle est pourtant une des premières garanties de l’égalité des citoyens devant la loi et de la paix civile. Elle assure aussi que la liberté de pensée est réelle.

Rénover la laïcité, comme feint de le proposer Nicolas Sarkozy, ce n’est pas la détruire, c’est lui donner une force nouvelle et la replacer au centre des valeurs de la République, par exemple en portant la question de la liberté de conscience au cœur de notre diplomatie, en Europe et dans le reste du monde, et en favorisant l’émancipation de l’individu plutôt que les crispations communautaristes.