Il arrive que l’on doute de ses engagement et que l’on se dise que peut-être l’on se bat contre des choses qui n’existent pas.

Affiche du filmIl arrive aussi qu’en sortant de la salle de cinéma on se trouve regonflé par ce que l’on vient de voir. Ken Loach est de ces réalisateurs qui me donnent envie de me battre aux côtés de mes camarades pour un monde dans lequel l’Humanité soit un principe inviolable et sacré — c’est à dire un monde dans lequel rien ne permettrait que des lois ou des circonstances asservissent des hommes ou des femmes et les contraignent à vivre dans la misère et la peur.

It’s a free world montre une femme qui, pour échapper au chomage, participent à l’exploitation de la misère, de l’immigration clandestine, de la disparition progressive du droit d’asile pour le bénéfice d’entreprises qui cherchent une main d’œuvre docile et peu exigeante quant à sa rémunération et ses conditions de travail et d’existence. Que l’on ne me fasse pas dire que je vise ici toute les entreprises car ce n’est pas le cas. Je pense néanmoins que le chômage, la précarité, la misère, les lois sur l’immigration et la nationalité qui feignent de rendre indésirables les étrangers créent les conditions d’un rapport de force entre employeurs et employés très défavorables à ces derniers, pour le plus grand bénéfice d’une petite partie de la population qui peut ainsi capter le fruit du travail de la majorité.

C’est aussi un film dans lequel une jeune femme entreprenante ne trouve d’autre solution échapper au chômage que le choix de la semi-clandestinité, du contournement du droit. Pas encore une ode à la libre entreprise, mais enfin… il y a là un filon à garder du coin de l’œil car entreprendre devrait pouvoir se faire plus simplement sans mettre en danger les droits collectifs.

Sans aucun manichéisme, Ken Loach signe un tableau cru et cinglant de l’Angleterre du début du XXIe siècle, celle du marche ou crève. Ce n’est pas exactement ainsi que je rêve la vie…