On a beau se plaindre des médias, ils nous apportent parfois des informations qui valent le temps qu’on leur consacre. Ainsi le fil d’information en ligne du journal Libération, (presse écrite, il est vrai) dirige le lecteur vers un billet du blog Les éco-comparateurs consacré au financement du R.S.A. qui agite le milieu politique ces jours-ci.

Au-delà même de la question importante du financement du R.S.A, ce billet montre combien le citoyen éclairé doit se méfier des effets de manches médiatiques. Nicolas Sarkozy sait parfaitement qu’en proposant la taxation des revenus du capital il retourne une partie de l’opinion à son profit et qu’il coupe l’herbe sous le pied à l’opposition dans le champ des grands médias. L’analyse plus fine (le scalpel contre l’arme lourde) rappelle combien il faut se méfier des armes absolues de langage dont le but n’est pas d’argumenter mais bien au contraire d’interdire le débat. C’est ce que fait le gouvernement en agitant le drapeau rouge sous les yeux de ceux qui veulent le voir là où il n’est pas.

Le billet pose aussi la très intéressante question du pouvoir de négociation des différents acteurs sociaux. Il s’agit, en des termes éculés uniquement pour ceux à qui ils font peur, d’une autre version de la lutte des classes. Le rapport de force entre employeurs et salariés est actuellement à la grande faveur des premiers. La première raison à cela est le chômage qui tétanise toutes celles et tous ceux qui ne sont pas les grands gagnants du monde tel qu’il va. La première priorité que doit se donner tout gouvernement de gauche est donc la réduction massive du chômage par tout moyen. La deuxième devrait être le rétablissement de libertés syndicales réelles dans le secteur privé.

Rien de cela est bien nouveau, mais l’air du temps fait penser qu’il est utile de le rappeler régulièrement.

Ce billet est également publié sur le blog de la section socialiste d’Aiguillon.